Récupération de chaleur en métallurgie et fonderie

La métallurgie est le secteur industriel au plus fort potentiel de récupération de chaleur fatale. Les fours de fusion, les laminoirs et les bains de trempe rejettent des flux thermiques à très haute température. La récupération permet de réduire la facture énergétique de 15 à 30 % et de financer les investissements par les CEE.

Sources de chaleur fatale en métallurgie

Fumées de fours de fusion

Les fours à arc électrique, les fours à induction et les cubilots rejettent des fumées à 800-1 500 °C. Ce gisement est le plus important en volume. La récupération sur fumées nécessite des échangeurs tubulaires résistants aux températures extrêmes et aux particules métalliques.

Un four à arc de 50 tonnes rejette 10 à 20 MW thermiques dans les fumées. Même une récupération partielle (20-30 %) représente plusieurs MW de chaleur valorisable.

Laminoirs et process de mise en forme

Les barres et tôles sortent des laminoirs à 800-1 100 °C. Le refroidissement par eau ou par air génère un gisement de chaleur fatale considérable. L’eau de refroidissement atteint 40-60 °C en circuit ouvert.

Bains de trempe et traitement thermique

Les bains de trempe à l’huile ou à l’eau fonctionnent à 40-80 °C. La chaleur absorbée par le fluide de trempe est rejetée en continu. Ce gisement à basse température est adapté à la rehausse par PAC.

Compresseurs d’air

Les ateliers métallurgiques consomment de grandes quantités d’air comprimé. Les compresseurs rejettent 80 à 90 % de l’énergie électrique sous forme de chaleur. La fiche IND-UT-103 finance la récupération.

Solutions techniques

Récupération sur fumées — Un échangeur tubulaire haute température préchauffe l’air comburant des fours. Le brûleur récupérateur intègre l’échangeur directement dans le brûleur. L’économie de combustible atteint 20 à 40 %.

Chaudière de récupération — Les fumées à très haute température produisent de la vapeur. La vapeur alimente les process de traitement thermique ou génère de l’électricité.

Préchauffage d’air comburant — L’air comburant est préchauffé de 20 à 400 °C par les fumées. Chaque degré de préchauffage réduit la consommation du four de 0,5 à 1 %.

PAC sur eaux de refroidissement — Une PAC haute température valorise les eaux de refroidissement (40-60 °C) pour le chauffage des bâtiments ou le préchauffage de process.

Financement CEE pour la métallurgie

OpérationFiche CEEApplication
Récupération sur fuméesIND-UT-137Fours de fusion, fours de réchauffage
Brûleur récupérateurIND-UT-118Fours à gaz, fours de traitement
Récupération compresseurIND-UT-103Ateliers, air comprimé
Économiseur chaudièreIND-UT-104Chaudière vapeur du site

Les sites métallurgiques à forte intensité carbone bénéficient du programme France 2030 DECARB IND. Le cumul avec les CEE maximise le financement.

Contraintes spécifiques

La métallurgie impose des contraintes sévères aux équipements de récupération.

  • Températures extrêmes — les matériaux doivent résister à 800 °C et plus
  • Poussières métalliques — les fumées sont chargées en particules abrasives
  • Intermittence — les fours fonctionnent par campagnes avec des arrêts réguliers
  • Encombrement — l’espace disponible autour des fours est souvent limité

Le dimensionnement doit intégrer ces contraintes. La maintenance est plus fréquente que dans les autres secteurs.

Questions fréquentes

Quel est le temps de retour en métallurgie ? Le temps de retour varie de 2 à 5 ans selon l’opération. La récupération sur fumées de fours à gaz est la plus rentable grâce aux économies de combustible.

Les fours à arc électrique sont-ils éligibles ? Oui. Les fumées d’un four à arc sont récupérables par échangeur tubulaire. La chaleur récupérée sert à produire de la vapeur ou à préchauffer la ferraille. La fiche IND-UT-137 s’applique.

La récupération est-elle adaptée aux fonderies de petite taille ? Oui. Les fonderies de 5 000 à 20 000 tonnes/an justifient un échangeur sur fumées. La prime CEE réduit sensiblement l’investissement.


Source : ADEME — Décarbonation de l’industrie métallurgique. Données indicatives, chaque projet fait l’objet d’un dimensionnement spécifique.

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